ALBUM
PHOTOGRAPHIQUE.
SOUVENIRS
DE L’ARMÉE D’ORIENT.
Les
110 ans.
1915
– 2025
LA DÉCOUVERTE.
C’est lors d’une visite
chez un libraire – brocanteur de Nancy que j’eus la chance de découvrir un lot
de près de 300 photographies prises entre 1916 et 1920 par un officier français
de l’Armée d’Orient, principalement dans le nord de la Grèce. Ce corpus, si
riche, pouvait aisément servir de support à un projet pédagogique liée à la
Grande Guerre, notamment le front balkanique, encore si peu étudié. A
l’occasion des 110 ans de cette Armée d’Orient, qui prit son nom le 5 octobre
1915, les élèves de 1ére ST2S 3 furent sollicités pour étudier ces photos, en
les classant thématiquement, et en les analysant avec l’aide des annotations
portées au verso.
En plus des photos, il y
avait quelques ouvrages anciens sur l’Armée d’Orient, dont Mon commandement
en Orient (1916 – 1918), publié en 1920 par le général Maurice Sarrail,
livre très précieux en raison des détails des opérations militaires et par les
cartes insérées, ainsi que Makédonia, Souvenirs d’un officier de liaison en
Orient, ouvrage rédigé en 1921 par Jean-José Frappa, et La victoire des Alliés en Orient (15
septembre – 13 novembre 1918) de Constantin Photiadès, publié aussi en
1920, et qui comprend des photos parfois proches de celles qui devaient être
étudiées. Pour finir, une petite pile de journaux divers imprimés à Salonique,
dans des langues diverses (le ladino, la langue proche de l’espagnol des Juifs
de la ville ; le turc, le bulgare etc) complétait l’ensemble en montrant
l’aspect cosmopolite de la région. Il n’est pas possible d’affirmer que les
livres et les journaux avaient appartenu au photographe, mais ces documents
pouvaient être bien utiles pour nos recherches grâce aux cartes, descriptions
des opérations et aux illustrations.
LE CORPUS
PHOTOGRAPHIQUE.
Il comprend 74 photos
isolées, le plus souvent annotées, et un ensemble de 18 feuillets, avec sur
chacun 10 à 12 photos, plus un petit carton avec 3 photos, comprenant 184
photos collées sur un support, soit, en tout, 254 photos de petit format.
Probablement, le lot devait comporter d’autres planches et photos car il semble
être passé de main en main et conservé avec assez peu de soin, en vrac. Les
photos ont été prises d'avril 1916 à février 1920, période qui correspond bien à
la présence de l’Armée d’Orient dans la région.
Beaucoup de photographies
sont annotées au verso avec le lieu et la date, et le nom du monument comme la
Tour Blanche à Salonique, les diverses églises de cette ville ou des villages
situés en Albanie. Certaines photos collées sur une feuille comportent une
légende et une date. La majorité des vues fut prise à Salonique, ville dans
laquelle le photographe fut longtemps présent, et dans sa périphérie (camp de
Dzuma) ; ensuite une part importante nous montre Florina et ses environs,
les autres furent prises en Albanie à Biklista. Certains lieux, avec des petits
villages, nous ont posé des problèmes d’identification en raison de
l’orthographe utilisée par le photographe, et ce malgré les cartes d’époque
très précises dont nous disposions.
LE CONTEXTE
HISTORIQUE.
L’opération de
débarquement menée aux Dardanelles par les Britanniques et les Français à
partir d’avril 1915 s’était soldée par un échec militaire. Les Alliés devaient
s’emparer de ce détroit stratégique afin de permettre à la flotte russe de
passer en Méditerranée et d’ouvrir un front périphérique. Mais les Ottomans,
bien appuyés par les Allemands, avaient réussi à contenir les troupes
franco-britanniques sur de petites zones balayées constamment par l’artillerie.
Finalement, il fut décidé d’évacuer les Dardanelles et de replier les troupes
alliées en Grèce, dans les environs de Salonique, ce qui fut fait au début de
janvier 1916. Cette décision provoqua une grave crise politique en Grèce, le
roi Constantin Ier étant favorable, en raison de ses origines, à l’Allemagne,
tandis que son premier ministre Venizélos soutenait la Triple Entente. Les
troupes franco-britanniques durent s’installer dans la périphérie de Salonique,
dans un lieu inhospitalier appelé Dzuma, situé hors des murailles de la ville.
Les troupes françaises du Corps
expéditionnaire furent renommées Armée d’Orient le 5 octobre 1915, et elles
furent réparties ensuite le long de la frontière nord de la Grèce face aux
Bulgares, alliés à la Triple Entente. Le général Sarrail qui commandait l’Armée
d’Orient disposait de peu de moyens, avec des unités hétéroclites qui devaient
loger dans des lieux hostiles. Les Français reçurent l’aide des Britanniques,
des Italiens, des Serbes, des Russes et aussi celle des Grecs puisque le roi
des Hellènes dut céder le pouvoir à son premier ministre. L’Armée d’Orient
était donc très cosmopolite et elle devait combattre dans des régions aussi
très multiculturelles, avec la présence des communautés macédonienne, albanaise,
grecque, bulgares, juive et turque qui firent la joie du photographe français
qui prit de nombreuses photos de leurs représentants, sans doute très curieux
et intéressé par la variété de leurs habits et de leurs coutumes.
L’Armée d’Orient, devenue
le 11 août 1916 l’Armée Française d’Orient, malgré des moyens matériels
réduits, réussit à contenir les Bulgares, puis à prendre Monastir en 1916.
Finalement, en septembre 1918, une grande offensive permit de percer les lignes
bulgares et de s’enfoncer vers le nord, vers Belgrade et Bucarest provoquant la
capitulation de la Bulgarie (29 septembre 1918) puis de l’Autriche – Hongrie (3
octobre 1918). Les soldats français restèrent dans la région jusqu’au début de
1920 afin de surveiller la mise en place des nouvelles frontières et veiller à
la sécurité de la zone.
Finalement, que nous
montrent ces photos ?
Quelques remarques :
- Le photographe a le plus souvent daté les photos de façon abrégée: 7bre correspond à septembre; 8bre à octobre.
- Pour avoir le détail des photos collées sur feuille, il faut cliquer sur la planche, puis clic droit "ouvrir dans un nouvel onglet", ce qui permettra au lecteur de regarder chaque photo mais agrandie en cliquant à nouveau sur la planche.
- Certaines photos sont en double, mais elles ont été conservées dans le corpus en raison de la qualité variable des tirages.
I- LE PHOTOGRAPHE,
ORIGINAIRE DE BELFORT.
C’est l’annotation « Belfort, janvier 1918 » qui permet d’identifier le lieu de la prise de vue. En effet, les photographies semblent avoir appartenu à un officier français que l’on voit sur plusieurs vues, posant avec des membres de sa famille. L’officier, jeune, est soigneusement vêtu, mais avec peu d’éléments permettant d’identifier son unité : des pattes de cols avec des grenades, et sur une autre photo le numéro 101 sur le képi. Cela semble indiquer qu’il servait dans l’artillerie (d’autant plus que plusieurs photos prises en Grèce montrent des canons et des piles d’obus), mais nous n’avons rien trouvé de probant sur le 101e régiment d’artillerie qui ne semble pas avoir été envoyé dans les Balkans. De plus, l'officier s'est toujours trouvé à proximité d'ambulances, d'hôpitaux, abondamment photographiés. Faisait - il partie d'un service sanitaire ?
Pour le lieu, Belfort,
célèbre pour le siège de 1870 – 1871 et son lion monumental au pied de la
citadelle, se trouve au sud de l’Alsace, dont la ville faisait partie jusqu’en
1871 avant de former un territoire distinct. Les photos ont dû être prise lors
d’une permission, en janvier 1918.
Les personnages sont tous
bien habillés avec de belles robes pour les femmes, et des costumes pour les
hommes, ce qui semble indiquer un milieu social aisé.
A part ces photos
familiales, une seule autre photo fut prise en France, à Montluel, dans l’Ain,
au nord – est de Lyon. On y voit le chargement de voitures ambulances marquées
d’une croix rouge. Est-ce le départ pour le front d’Orient ?
II- L’ARMÉE FRANÇAISE SUR
LE FRONT D’ORIENT.
En tout, environ
300 000 hommes servirent sur le front d’Orient au cours de la Grande
Guerre. Les photos montrent principalement deux types d’unités.
Tout d’abord les pièces
d’artillerie, soit montées sur un train blindé, soit de l’artillerie de
campagne située près d’une gare ou d’un parc, avec un canon de 155 court
Schneider, des piles d’obus et, à l’arrière des wagons. La manutention est
faite par des locaux.
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| Un train blindée avec son canon placée dans une tourelle. |
Ensuite, des ambulances
de campagne, avec des automobiles portant la croix rouge, des campements avec
de grandes tentes blanches, le personnel médical qui pose devant, et tout un
système de carrioles pour transporter le matériel. L’Armée d’Orient se trouvait
sous un climat difficile, chaud en été, froid en hiver, malsain, et de nombreux
soldats souffrirent (et moururent) du paludisme et de la dysenterie.
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| Ambulance 1 / 57. Camp de Dzuma. Avril 16. |
L’officier a pris aussi
des photos de ses camarades, dont il a inscrit le nom au verso, et l’une
d’entre elles seulement nous montre des tirailleurs sénégalais avec des mules,
alors que l’Armée d’Orient avait une forte proportion de soldats coloniaux (18
%) contrairement au front occidental.
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| "Mayoly et Mairey. Hôpital Florina. 15 octobre 16. |
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| Une position de l'armée française. |
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| Des tirailleurs sénégalais avec leurs mules. |
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| Une tente avec un officier encore équipé du casque colonial (qui fut vite remplacé par le casque Adrian en acier). |
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| "Le départ de monsieur Mazurier. Avril 16." |
Une seule photo, prise
dans la baie de Salonique, nous montre l’arrivé d’un grand cuirassé français,
un dreadnought de type Bretagne que nous n’avons pas pu identifier de façon
certaine.
On ne voit pas
directement le front et les combats, le photographe étant visiblement resté à
l’arrière. Néanmoins, quelques vues (des 20 et 25 septembre 1916) nous montrent le viaduc ferroviaire
d’Ekhcissou, au sud de Florina, détruit par les Bulgares. Des prisonniers de
guerre sont aussi internés dans un camp entouré de barbelés.
Néanmoins, on voit sur
plusieurs clichés les occupations des soldats à Salonique : une course
avec des ânes, ces cérémonies officielles avec des espaces décorés par des
drapeaux alliés et des discours prononcés par des personnalités officielles.
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| Un rassemblement patriotique. |
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| "Course à dos d'ânes sur le front macédonien". |
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| Une prise d'armes en hommage à des soldats tués dont on aperçoit les cercueils sur la gauche. |
Les civils souffrent
aussi de la guerre. L’officier photographie des réfugiés, dont le regard
désespéré est frappant. Ces réfugiés arrivent dans une gare, venant de régions où
se déroulent les combats, ou bien vivent dans des tentes, ou se regroupent
devant une brasserie. Les clichés permettent aussi de voir des quartiers
bombardés de Salonique (cible de l’aviation austro – hongroise), avec des
immeubles détruits.
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| Dix photos montrant le port de Salonique et les environs de la ville, avec un chantier sur une voie ferrée, des édifices religieux. |
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| Dix photos montrant Salonique et les travaux des champs aux alentours, plus un dépôt de munitions avec des obus soigneusement empilés. |
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| Un quartier détruit par un bombardement, sans doute à Salonique. |
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| Groupe de réfugiés macédoniens devant une brasserie dont le nom est indiqué en plusieurs langues (grec, français, anglais, ladino). |
III- UN MILIEU DIFFICILE
PAR LE CLIMAT ET LE RELIEF.
L’officier a été en poste dans le nord de la Grèce, à Salonique et Florina principalement, mais aussi en Albanie, à Biklista (aujourd’hui Bilisht) et Smerdès.
Le camp de Salonique
avait été péniblement installé fin 1915 à l’extérieur de la ville, hors des
remparts, dans une zone appelée Dzuma, non loin d’un fleuve appelé Galiko,
proche d’un massif montagneux appelé Pirenar. Les photos montrent donc les
murailles de Salonique avec les créneaux et les tours, ainsi que les
habitations clairsemées. Les Français durent donc planter leurs tentes dans un
paysage désolé, avec peu d’arbres pour se protéger de la chaleur ou des
intempéries. Ces tentes formaient le "camp de Dzuma".
Les photos montrent donc
la rudesse de ce milieu, avec des voitures embourbées dans des rivières, de
vastes paysages secs avec quelques villages isolés.
Florina se trouve au nord
de la Grèce, près de la frontière avec la Macédoine et l’Albanie. Les paysages
y sont plus montagneux et boisés. Plus au sud, se trouve la localité de Mahala où s'installa l'ambulance 1 / 57, et aussi Ekhcissou, village où se trouvait un viaduc ferroviaire stratégique détruit par les Bulgares.
Vambéli est un village, aujourd'hui désert, qui était peuplé de Bulgares, et situé près de Florina dans le nord de la Grèce.
Biklista (Bilisht) est
aussi une petite ville, située en Albanie, dans un lieu tout aussi désolé. Smerdès se trouve aussi en Albanie, non loin de Biklista.
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| Un édifice religieux. |
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| Une fontaine dans la ville haute (laquelle ?). |
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| "Vambéli. Novembre 16" |
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| "Eglise de Smerdès. Novembre 16". |
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| "Village macédonien. L'église". |
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| "Marché de Biklista. Novembre 16". Le photographe a pris plusieurs vues de ce marché fréquenté par les soldats français (voir plus bas). |
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| "Vieille fontaine turque à Florina". |
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| "L'arrivée de l'ambulance 1 / 57 à Mahala. 28 septembre 16". |
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| "L'entrée du village d'Excissou. 20 septembre 16". |
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| "Fortifications. Salonique." On a une belle vue des remparts de la ville. |
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| Dix photos montrant divers paysages et aussi un camp de prisonniers de guerre (sur la gauche). |
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| Dix photos montrant principalement Salonique avec l'arrivée d'un grand navire de guerre français dans la baie, des habitants et des réfugiés et un quartier bombardé. |
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| Onze photos de villes et villages, dont trois montrant la trame d'un tapis à Smerdès en Albanie (voir plus bas). |
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| "Vambéli. Novembre 16". Le photographe a pris 10 clichés de ce village peuplé de Bulgares, aujourd'hui totalement désert. |
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| Diverses vues de l'extérieur des remparts de Salonique. |
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| "Florina. La tour. Octobre 16". |
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| "La place du marché à Florina. Octobre 16". |
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| "Marabouts à Dzuma. Juin 16". On voit les rangées de tentes abritant les soldats français. |
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| "Vieux chêne couvert de gui. Mahala. 2 octobre 16". |
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| "Biklista. Novembre 16". |
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| "Marché de Biklista. Albanie. Novembre 16". |
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| La salle de prières d'une mosquée. |
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| "Dzuma. Maison construite sur un rocher. Novembre 16". |
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| "Eglise de Smerdès. Novembre 16". |
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| "Biklista. Novembre 16". |
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| Le camp d'Hetzekarabak (?) en 1916, où il faisait 60°. |
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| "Dzuma". |
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| "Vue de Pirenard (sic) prise du sud. Mai 16". |
IV- UNE POPULATION
COSMOPOLITE DANS DES LIEUX EXOTIQUES.
La majorité des photos
nous montre la vie quotidienne des habitants des lieux nommés. Ce sont soit des
ruraux, soit des citadins. Le photographe a visiblement pris plaisir à
conserver un souvenir de ces personnes très diverses par les origines, qui lui
ont semblé exotiques. En effet, la Grèce de l’époque comprenait des habitants
de diverses communautés : des Grecs bien sûr, mais aussi des Juifs, des
Turcs, des Macédoniens, des Bulgares, tous ayant leur quartier, leur costume et
leur lieu de culte.
Pour les campagnes, les
photos sont frappantes. Le paysage paraît sec, vaste et peu boisé. L’horizon
est dégagé, ce qui évoque une campagne isolée.
L’habitat n’est presque pas visible, avec quelques villages ou maisons
en pierre, en mauvais état, avec un lieu de culte (église ou mosquée) au milieu.
Les ânes sont présents partout pour transporter les hommes et le matériel ou
les paniers, avec aussi des buffles qui fournissent le lait. Les charrettes sont utilisées, avec aucun
véhicule automobile, ce qui montre un mode de vie agricole archaïque bien rude.
Les vêtements sont
simples, sombres et épais. Les hommes portent des manteaux, des casquettes,
adaptés au travail manuel et au froid. Les femmes semblent porter de longues
jupes et des foulards. L’ambiance générale donne une impression de travail
difficile et de vie modeste.
Certains soldats français
se sont fait photographier à côté des habitants, dans les maisons. L’habitat
semble très simple : maison en pierre, toit couvert de tuiles irrégulières,
construction simple et ancienne. Cela montre un mode de vie traditionnel et
probablement modeste. Les habitants posent devant leur maison, ce qui donne une
scène familiale et communautaire. On remarque un homme âgé avec une canne, des
femmes et un enfant. Les vêtements sont également traditionnels et sobres :
robes longues, foulards ou bandeau et habits foncés. Les chaussures paraissent
solides mais simples. L’atmosphère semble tranquille malgré la pauvreté
apparente ; les personnes regardent toujours le photographe avec curiosité et
dignité.
Les marchés, comme celui
de Biklista, en Albanie, intéressent aussi beaucoup les Français qui s’y
approvisionnent : les tapis roulés, les légumes de grande taille comme les
poireaux, sont aussi pris en photo. Des activités agricoles, comme les
troupeaux de buffles qui s’abreuvent ou se baignent, ou la récolte du maïs,
font partie des scènes de la vie quotidienne photographiées.
Dans les villes, comme
Salonique ou Biklista, l’officier a pris sur le vif les habitants des diverses
communautés, sans doute à cause de leurs costumes colorés ou de leurs
particularités (une femme musulmane portant le niqab). Des activités comme la
prière, des boutiques, sont aussi photographiées.
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| "Macédoniens". |
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| "Femme juive. Salonique". Le photographe prend sur le vif une famille juive, avec une femme peu contente d'être photographiée. |
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| "Porteur de lait à Salonique". Un laitier vend sa marchandise contenue dans des jarres portées par un âne. |
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| "Le marchand de bois résineux et Fiorini (c'est le nom du soldat avec les lunettes, que l'on retrouvera sur d'autres photos). Smerdès. Novembre 16." |
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| Soldat français posant avec des locaux. |
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| Un paysan se déplaçant en âne. |
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| "L'abreuvoir. Galiko". Des soldats font boire leurs chevaux dans la rivière. |
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| Des buffles tirant une charrette. |
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| "Marché de Biklista. Poireaux géants. Novembre 16". |
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| "Chars macédoniens. Gare d'Excissou. Septembre 16". |
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| Une rue pittoresque. |
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| "Fiorini (c'est le nom du soldat français avec les lunettes). Smerdès. Novembre 16". Le soldat français prend la pose devant des boutiques de la ville. |
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| "Le marché de Biklista. Novembre 16". D'autres photos, présentées plus bas, montrent ce marché fréquenté par les soldats français. |
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| Neuf photos montrant la vie quotidienne des habitants de la Grèce du Nord avec le rude travail des champs et une charrette tirée par des buffles. Des soldats français posent avec les habitants. |
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| Neuf photos montrant des habitants et aussi des réfugiés se déplaçant avec des ânes, et résidant dans des tentes (un soldat français vient les voir), et un soldat grec. |
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| Une planche de douze photos montrant des paysages de la Grèce du Nord et de l'Albanie (dont Smerdès et la fabrication d'un tapis), avec des véhicules français embourbés dans des rivières. |
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| Dix photos montrant des paysages et des habitants de la Grèce du Nords, et aussi un camp de prisonniers de guerre, avec des baraques entourées de barbelés. |
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| Onze photos montrant le quotidien des habitants de la Grèce du Nord, avec des soldats français et alliés. |
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| "Pope. Florina. Octobre 16." Un pope (le personnage sur la droite avec une coiffure noire) est un prêtre orthodoxe. |
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| "Marché de Biklista. Novembre 16". Les ânes apportent des marchandises (voir une autre photo plus bas). |
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| Une rue de Salonique. |
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| "Femmes turques se rendant à la mosquée. Florina. Octobre 16". On remarquera le voile intégrale qui cache toute la tête et le visage. |
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| "Marché de Biklista. Novembre 16". Les marchandises arrivent, portées sur des ânes. |
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| "Biklista. Femmes bulgares. Novembre 16" |
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| Une femme musulmane en niqab. |
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| Des carriers taillant un bloc de pierre. |
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| "Smerdès. La frame. Novembre 16". Des femmes fabriquent un tapis. |
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| "Minaret démoli à Pirenard" |
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| "Vambéli. Séchage du maïs. Novembre 16." |
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| "Berger macédonien", regardant avec curiosité un soldat français. Au fond à droite, on remarque les tentes du campement. |
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| "Les buffles à l'abreuvoir par 40° à l'ombre." |
Les clichés des monuments sont aussi nombreux, principalement à Salonique, la deuxième ville de la Grèce après Athènes. Le photographe a réalisé un véritable album touristique de la ville.
La Tour Blanche. : C’est un monument emblématique de Thessalonique, construit à l’époque ottomane au XVe siècle sur des bases byzantines plus anciennes. La tour servit de fortification puis de prison. Aujourd’hui, elle est le symbole de la ville et abrite un musée.
L’église Saint-Georges. Elle est aussi connue, sous le nom de Rotonde, cette église fut d’abord un monument romain construit au IVe siècle sous l’empereur Galère. Transformée ensuite en église chrétienne puis en mosquée à l’époque ottomane, elle conserve de remarquables mosaïques paléochrétiennes.
L’église Sainte - Sophie. C’est une grande église byzantine du VIIIe siècle inspirée de la Sainte - Sophie de Constantinople. Elle est célèbre pour sa coupole et ses mosaïques byzantines.
L’église des Saints - Apôtres (ou des Douze Apôtres). C’est une Église byzantine du XIVe siècle, représentative de la dernière période artistique byzantine. Elle possède de belles mosaïques et fresques.
L’église Saint Démétrius. C’est la plus importante église de Thessalonique, dédiée à Saint Démétrios de Thessalonique, patron de la ville. Cette grande basilique byzantine est célèbre pour ses mosaïques, sa crypte et son rôle majeur dans l’histoire religieuse des Balkans.
Elle
fait partie des monuments paléochrétiens et byzantins de Thessalonique inscrits
au patrimoine mondial de l’UNESCO.
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| Plusieurs photos non légendées montrant la mosquée de Florina, et sans doute des quartiers bombardés de Salonique, plus des soldats français côtoyant des habitants. |
En conclusion, nous
savons que l’officier français resta sur place jusqu’en 1920, date de la
dissolution officielle de l’Armée d’Orient. Il rentra chez lui, à Belfort. Ses
photos furent ensuite vendues jusqu’à ce qu’elles tombent entre de bonnes
mains.
Nous espérons que ce
voyage dans les Balkans vous a plu !
Classe de 1ère ST2S 3:
AHMED HOUMADI Ladihyati
BAKEMBA MASSENGO Samuela
BLAISE Elise
BRETHOME Eline
BURTART JANTZEM Lola
CUTXAN Ambre
DIDIER Eléna
FLAVONI Ianis
GILLET Camille
GRANDCOLAS Fleur - Anne
GRANDJEAN Anaël
LAAOUINA Hafsa
OREL Faustyne
SAHRAOUI Mayssa
SAINTOT Maéna
SANA Sakinatou
SEGUENI -- Sabah - Anaïs
TOUSSEUL Amélie
VAUTRIN Gabrielle
Sous la direction de Jérôme JANCZUKIEWICZ, professeur d'histoire - géographie.































































































































































