lundi 25 mai 2026

ALBUM PHOTOGRAPHIQUE - SOUVENIRS DE L'ARMEE D'ORIENT 1915 - 2025

 

ALBUM PHOTOGRAPHIQUE.

 


SOUVENIRS DE L’ARMÉE D’ORIENT.

Les 110 ans.

1915 – 2025

 

LA DÉCOUVERTE.

C’est lors d’une visite chez un libraire – brocanteur de Nancy que j’eus la chance de découvrir un lot de près de 300 photographies prises entre 1916 et 1920 par un officier français de l’Armée d’Orient, principalement dans le nord de la Grèce. Ce corpus, si riche, pouvait aisément servir de support à un projet pédagogique liée à la Grande Guerre, notamment le front balkanique, encore si peu étudié. A l’occasion des 110 ans de cette Armée d’Orient, qui prit son nom le 5 octobre 1915, les élèves de 1ére ST2S 3 furent sollicités pour étudier ces photos, en les classant thématiquement, et en les analysant avec l’aide des annotations portées au verso.




En plus des photos, il y avait quelques ouvrages anciens sur l’Armée d’Orient, dont Mon commandement en Orient (1916 – 1918), publié en 1920 par le général Maurice Sarrail, livre très précieux en raison des détails des opérations militaires et par les cartes insérées, ainsi que Makédonia, Souvenirs d’un officier de liaison en Orient, ouvrage rédigé en 1921 par Jean-José Frappa,  et La victoire des Alliés en Orient (15 septembre – 13 novembre 1918) de Constantin Photiadès, publié aussi en 1920, et qui comprend des photos parfois proches de celles qui devaient être étudiées. Pour finir, une petite pile de journaux divers imprimés à Salonique, dans des langues diverses (le ladino, la langue proche de l’espagnol des Juifs de la ville ; le turc, le bulgare etc) complétait l’ensemble en montrant l’aspect cosmopolite de la région. Il n’est pas possible d’affirmer que les livres et les journaux avaient appartenu au photographe, mais ces documents pouvaient être bien utiles pour nos recherches grâce aux cartes, descriptions des opérations et aux illustrations.


LE CORPUS PHOTOGRAPHIQUE.

Il comprend 74 photos isolées, le plus souvent annotées, et un ensemble de 18 feuillets, avec sur chacun 10 à 12 photos, plus un petit carton avec 3 photos, comprenant 184 photos collées sur un support, soit, en tout, 254 photos de petit format. Probablement, le lot devait comporter d’autres planches et photos car il semble être passé de main en main et conservé avec assez peu de soin, en vrac. Les photos ont été prises de mars / avril 1916 à février 1920, période qui correspond bien à la présence de l’Armée d’Orient dans la région.

Beaucoup de photographies sont annotées au verso avec le lieu et la date, et le nom du monument comme la Tour Blanche à Salonique, les diverses églises de cette ville ou des villages situés en Albanie. Certaines photos collées sur une feuille comportent une légende et une date. La majorité des vues fut prise à Salonique, ville dans laquelle le photographe fut longtemps présent, et dans sa périphérie (camp de Dzuma) ; ensuite une part importante nous montre Florina et ses environs, les autres furent prises en Albanie à Biklista. Certains lieux, avec des petits villages, nous ont posé des problèmes d’identification en raison de l’orthographe utilisée par le photographe, et ce malgré les cartes d’époque très précises dont nous disposions.


LE CONTEXTE HISTORIQUE.

L’opération de débarquement menée aux Dardanelles par les Britanniques et les Français à partir d’avril 1915 s’était soldée par un échec militaire. Les Alliés devaient s’emparer de ce détroit stratégique afin de permettre à la flotte russe de passer en Méditerranée et d’ouvrir un front périphérique. Mais les Ottomans, bien appuyés par les Allemands, avaient réussi à contenir les troupes franco-britanniques sur de petites zones balayées constamment par l’artillerie. Finalement, il fut décidé d’évacuer les Dardanelles et de replier les troupes alliées en Grèce, dans les environs de Salonique, ce qui fut fait au début de janvier 1916. Cette décision provoqua une grave crise politique en Grèce, le roi Constantin Ier étant favorable, en raison de ses origines, à l’Allemagne, tandis que son premier ministre Venizélos soutenait la Triple Entente. Les troupes franco-britanniques durent s’installer dans la périphérie de Salonique, dans un lieu inhospitalier appelé Dzuma, situé hors des murailles de la ville.




Les troupes françaises du Corps expéditionnaire furent renommées Armée d’Orient le 5 octobre 1915, et elles furent réparties ensuite le long de la frontière nord de la Grèce face aux Bulgares, alliés à la Triple Entente. Le général Sarrail qui commandait l’Armée d’Orient disposait de peu de moyens, avec des unités hétéroclites qui devaient loger dans des lieux hostiles. Les Français reçurent l’aide des Britanniques, des Italiens, des Serbes, des Russes et aussi celle des Grecs puisque le roi des Hellènes dut céder le pouvoir à son premier ministre. L’Armée d’Orient était donc très cosmopolite et elle devait combattre dans des régions aussi très multiculturelles, avec la présence des communautés macédonienne, albanaise, grecque, bulgares, juive et turque qui firent la joie du photographe français qui prit de nombreuses photos de leurs représentants, sans doute très curieux et intéressé par la variété de leurs habits et de leurs coutumes.

L’Armée d’Orient, devenue le 11 août 1916 l’Armée Française d’Orient, malgré des moyens matériels réduits, réussit à contenir les Bulgares, puis à prendre Monastir en 1916. Finalement, en septembre 1918, une grande offensive permit de percer les lignes bulgares et de s’enfoncer vers le nord, vers Belgrade et Bucarest provoquant la capitulation de la Bulgarie (29 septembre 1918) puis de l’Autriche – Hongrie (3 octobre 1918). Les soldats français restèrent dans la région jusqu’au début de 1920 afin de surveiller la mise en place des nouvelles frontières et veiller à la sécurité de la zone.

Finalement, que nous montrent ces photos ?

Quelques remarques :

- Le photographe a le plus souvent daté les photos de façon abrégée: 7bre correspond à septembre; 8bre à octobre.

- Pour avoir le détail des photos collées sur feuille, il faut cliquer sur la planche, puis clic droit "ouvrir dans un nouvel onglet", ce qui permettra au lecteur de regarder chaque photo mais agrandie en cliquant à nouveau sur la planche.

- Certaines photos sont en double, mais elles ont été conservées dans le corpus en raison de la qualité variable des tirages.  


I- LE PHOTOGRAPHE, ORIGINAIRE DE BELFORT.

C’est l’annotation « Belfort, janvier 1918 » qui permet d’identifier le lieu de la prise de vue. En effet, les photographies semblent avoir appartenu à un officier français que l’on voit sur plusieurs vues, posant avec des membres de sa famille. L’officier, jeune, est soigneusement vêtu, mais avec peu d’éléments permettant d’identifier son unité : des pattes de cols avec des grenades, et sur une autre photo le numéro 101 sur le képi. Cela semble indiquer qu’il servait dans l’artillerie (d’autant plus que plusieurs photos prises en Grèce montrent des canons et des piles d’obus), mais nous n’avons rien trouvé de probant sur le 101e régiment d’artillerie qui ne semble pas avoir été envoyé dans les Balkans. De plus, l'officier s'est toujours trouvé à proximité d'ambulances, d'hôpitaux, abondamment photographiés. Faisait - il partie d'un service sanitaire ? 

Pour le lieu, Belfort, célèbre pour le siège de 1870 – 1871 et son lion monumental au pied de la citadelle, se trouve au sud de l’Alsace, dont la ville faisait partie jusqu’en 1871 avant de former un territoire distinct. Les photos ont dû être prise lors d’une permission, en janvier 1918.

Les personnages sont tous bien habillés avec de belles robes pour les femmes, et des costumes pour les hommes, ce qui semble indiquer un milieu social aisé.










A part ces photos familiales, une seule autre photo fut prise en France, à Montluel, dans l’Ain, au nord – est de Lyon. On y voit le chargement de voitures ambulances marquées d’une croix rouge. Est-ce le départ pour le front d’Orient ?




II- L’ARMÉE FRANÇAISE SUR LE FRONT D’ORIENT.

En tout, environ 300 000 hommes servirent sur le front d’Orient au cours de la Grande Guerre. Les photos montrent principalement deux types d’unités.

Tout d’abord les pièces d’artillerie, soit montées sur un train blindé, soit de l’artillerie de campagne située près d’une gare ou d’un parc, avec un canon de 155 court Schneider, des piles d’obus et, à l’arrière des wagons. La manutention est faite par des locaux.

Un train blindée avec son canon placée dans une tourelle.


Dix photos, sans doute prises à Salonique, montrant les stocks d'obus, soigneusement empilés, un canon Schneider de 155 mm court, et diverses vues des monuments de la ville plus une cérémonie patriotique avec de nombreux drapeaux en décoration. 


Ensuite, des ambulances de campagne, avec des automobiles portant la croix rouge, des campements avec de grandes tentes blanches, le personnel médical qui pose devant, et tout un système de carrioles pour transporter le matériel. L’Armée d’Orient se trouvait sous un climat difficile, chaud en été, froid en hiver, malsain, et de nombreux soldats souffrirent (et moururent) du paludisme et de la dysenterie.


Ambulance 1 / 57. Camp de Dzuma. Avril 16.


L’officier a pris aussi des photos de ses camarades, dont il a inscrit le nom au verso, et l’une d’entre elles seulement nous montre des tirailleurs sénégalais avec des mules, alors que l’Armée d’Orient avait une forte proportion de soldats coloniaux (18 %) contrairement au front occidental.



"Mayoly et Mairey. Hôpital Florina. 15 octobre 16.

Une position de l'armée française.

Des tirailleurs sénégalais avec leurs mules.

Une tente avec un officier encore équipé du casque colonial (qui fut vite remplacé par le casque Adrian en acier).


"Le départ de monsieur Mazurier. Avril 16."


Une seule photo, prise dans la baie de Salonique, nous montre l’arrivé d’un grand cuirassé français, un dreadnought de type Bretagne que nous n’avons pas pu identifier de façon certaine.

On ne voit pas directement le front et les combats, le photographe étant visiblement resté à l’arrière. Néanmoins, quelques vues (des 20 et 25 septembre 1916) nous montrent le viaduc ferroviaire d’Ekhcissou, au sud de Florina, détruit par les Bulgares. Des prisonniers de guerre sont aussi internés dans un camp entouré de barbelés.





Néanmoins, on voit sur plusieurs clichés les occupations des soldats à Salonique : une course avec des ânes, ces cérémonies officielles avec des espaces décorés par des drapeaux alliés et des discours prononcés par des personnalités officielles.

Un rassemblement patriotique.


"Course à dos d'ânes sur le front macédonien".


Une prise d'armes en hommage à des soldats tués dont on aperçoit les cercueils sur la gauche.

Les civils souffrent aussi de la guerre. L’officier photographie des réfugiés, dont le regard désespéré est frappant. Ces réfugiés arrivent dans une gare, venant de régions où se déroulent les combats, ou bien vivent dans des tentes, ou se regroupent devant une brasserie. Les clichés permettent aussi de voir des quartiers bombardés de Salonique (cible de l’aviation austro – hongroise), avec des immeubles détruits.


Dix photos montrant le port de Salonique et les environs de la ville, avec un chantier sur une voie ferrée, des édifices religieux.


Dix photos montrant Salonique, ses habitants, et les travaux des champs aux alentours, plus un dépôt de munitions avec des obus soigneusement empilés.

Dix photos montrant le quotidien des soldats dans la Grèce du Nord: des groupes de soldats français se promènent dans les villages, des voitures se sont embourbées dans des rivières. Une photo (au milieu à droite) montre une grande bâtisse avec un officier supérieur, accompagné par d'autres officiers, qui s'apprête à partir en voiture.


Un quartier détruit par un bombardement, sans doute à Salonique.



Groupe de réfugiés macédoniens devant une brasserie dont le nom est indiqué en plusieurs langues (grec, français, anglais, ladino).


III- UN MILIEU DIFFICILE PAR LE CLIMAT ET LE RELIEF.

L’officier a été en poste dans le nord de la Grèce, à Salonique et Florina principalement, mais aussi en Albanie, à Biklista (aujourd’hui Bilisht) et Smerdès.



Le camp de Salonique avait été péniblement installé fin 1915 à l’extérieur de la ville, hors des remparts, dans une zone appelée Dzuma, non loin d’un fleuve appelé Galiko, proche d’un massif montagneux appelé Pirenar. Les photos montrent donc les murailles de Salonique avec les créneaux et les tours, ainsi que les habitations clairsemées. Les Français durent donc planter leurs tentes dans un paysage désolé, avec peu d’arbres pour se protéger de la chaleur ou des intempéries. Ces tentes formaient le "camp de Dzuma". 

Les photos montrent donc la rudesse de ce milieu, avec des voitures embourbées dans des rivières, de vastes paysages secs avec quelques villages isolés.

Florina se trouve au nord de la Grèce, près de la frontière avec la Macédoine et l’Albanie. Les paysages y sont plus montagneux et boisés. Plus au sud, se trouve la localité de Mahala où s'installa l'ambulance 1 / 57, et aussi Ekhcissou, village où se trouvait un viaduc ferroviaire stratégique détruit par les Bulgares.

Vambéli est un village, aujourd'hui désert, qui était peuplé de Bulgares, et situé près de Florina dans le nord de la Grèce.

Biklista (Bilisht) est aussi une petite ville, située en Albanie, dans un lieu tout aussi désolé. Smerdès se trouve aussi en Albanie, non loin de Biklista. 




Un édifice religieux.


Une fontaine dans la ville haute (laquelle ?).


"Vambéli. Novembre 16"


"Eglise de Smerdès. Novembre 16".


"Village macédonien. L'église".


"Marché de Biklista. Novembre 16". Le photographe a pris plusieurs vues de ce marché fréquenté par les soldats français (voir plus bas).


"Vieille fontaine turque à Florina".


"L'arrivée de l'ambulance 1 / 57 à Mahala. 28 septembre 16".


"L'entrée du village d'Excissou. 20 septembre 16".

Une vue de Salonique, sans doute prise depuis un minaret.


"Fortifications. Salonique." On a une belle vue des remparts de la ville.

Un bâtiment non identifié.

Dix photos montrant divers paysages, des réfugiés dans une rue, et aussi un camp de prisonniers de guerre (sur la gauche).

Dix photos montrant principalement Salonique avec l'arrivée d'un grand navire de guerre français dans la baie, des habitants et des réfugiés et un quartier bombardé.

Onze photos de villes et villages, dont trois montrant la trame d'un tapis à Smerdès en Albanie (voir plus bas).

"Vambéli. Novembre 16". Le photographe a pris 10 clichés de ce village peuplé de Bulgares, aujourd'hui totalement désert.



Diverses vues de l'extérieur des remparts de Salonique.


"Florina. La tour. Octobre 16".


"L'abreuvoir. Galiko. Mars 16." Galiko est une rivière située au nord de Salonique. 


"La place du marché à Florina. Octobre 16".


Entrée d'un bâtiment transformé en hôpital (Florina ?).


"Marabouts à Dzuma. Juin 16". On voit les rangées de tentes abritant les soldats français.


"Vieux chêne couvert de gui. Mahala. 2 octobre 16".


"Biklista. Novembre 16".


"Marché de Biklista. Albanie. Novembre 16".


La salle de prières d'une mosquée.


"Dzuma. Maison construite sur un rocher. Novembre 16".


Un camp (Dzuma ?) composé de tentes.


"Eglise de Smerdès. Novembre 16".

Une vue de Biklista.

"Biklista. Novembre 16".


Le camp d'Hetzekarabak (?) en 1916, où il faisait 60°.


"Dzuma".


"Vue de Pirenard (sic) prise du sud. Mai 16".


IV- UNE POPULATION COSMOPOLITE DANS DES LIEUX EXOTIQUES.

La majorité des photos nous montre la vie quotidienne des habitants des lieux nommés. Ce sont soit des ruraux, soit des citadins. Le photographe a visiblement pris plaisir à conserver un souvenir de ces personnes très diverses par les origines, qui lui ont semblé exotiques. En effet, la Grèce de l’époque comprenait des habitants de diverses communautés : des Grecs bien sûr, mais aussi des Juifs, des Turcs, des Macédoniens, des Bulgares, tous ayant leur quartier, leur costume et leur lieu de culte.

Pour les campagnes, les photos sont frappantes. Le paysage paraît sec, vaste et peu boisé. L’horizon est dégagé, ce qui évoque une campagne isolée.  L’habitat n’est presque pas visible, avec quelques villages ou maisons en pierre, en mauvais état, avec un lieu de culte (église ou mosquée) au milieu. Les ânes sont présents partout pour transporter les hommes et le matériel ou les paniers, avec aussi des buffles qui fournissent le lait.  Les charrettes sont utilisées, avec aucun véhicule automobile, ce qui montre un mode de vie agricole archaïque bien rude.

Les vêtements sont simples, sombres et épais. Les hommes portent des manteaux, des casquettes, adaptés au travail manuel et au froid. Les femmes semblent porter de longues jupes et des foulards. L’ambiance générale donne une impression de travail difficile et de vie modeste.

Certains soldats français se sont fait photographier à côté des habitants, dans les maisons. L’habitat semble très simple : maison en pierre, toit couvert de tuiles irrégulières, construction simple et ancienne. Cela montre un mode de vie traditionnel et probablement modeste. Les habitants posent devant leur maison, ce qui donne une scène familiale et communautaire. On remarque un homme âgé avec une canne, des femmes et un enfant. Les vêtements sont également traditionnels et sobres : robes longues, foulards ou bandeau et habits foncés. Les chaussures paraissent solides mais simples. L’atmosphère semble tranquille malgré la pauvreté apparente ; les personnes regardent toujours le photographe avec curiosité et dignité.

Les marchés, comme celui de Biklista, en Albanie, intéressent aussi beaucoup les Français qui s’y approvisionnent : les tapis roulés, les légumes de grande taille comme les poireaux, sont aussi pris en photo. Des activités agricoles, comme les troupeaux de buffles qui s’abreuvent ou se baignent, ou la récolte du maïs, font partie des scènes de la vie quotidienne photographiées.

Dans les villes, comme Salonique ou Biklista, l’officier a pris sur le vif les habitants des diverses communautés, sans doute à cause de leurs costumes colorés ou de leurs particularités (une femme musulmane portant le niqab). Des activités comme la prière, des boutiques, sont aussi photographiées.


"Macédoniens".


"Femme juive. Salonique". Le photographe prend sur le vif une famille juive, avec une femme peu contente d'être photographiée.


"Porteur de lait à Salonique". Un laitier vend sa marchandise contenue dans des jarres portées par un âne.


"Le marchand de bois résineux et Fiorini (c'est le nom du soldat avec les lunettes, que l'on retrouvera sur d'autres photos). Smerdès. Novembre 16."

Soldat français posant avec des locaux.

Un paysan se déplaçant en âne.


"L'abreuvoir. Galiko". Des soldats font boire leurs chevaux dans la rivière.

Des buffles tirant une charrette.


"Macédoniens de Pirenard (sic). Mai 16". Les habitants, principalement des femmes, bien habillés, prennent gentiment la pose devant l'appareil photo, tandis qu'un homme âgé avec une canne discute avec un soldat français portant un casque colonial (sur la droite).


"Marché de Biklista. Poireaux géants. Novembre 16".


"Chars macédoniens. Gare d'Excissou. Septembre 16".

Une rue pittoresque.


"Fiorini (c'est le nom du soldat français avec les lunettes). Smerdès. Novembre 16". Le soldat français prend la pose devant des boutiques de la ville. 


"Le marché de Biklista. Novembre 16". D'autres photos, présentées plus bas, montrent ce marché fréquenté par les soldats français.

Douze photos montrant la vie rude en Grèce du Nord avec principalement des habitants de diverses communautés, dont une femme qui cache son visage avec ses mains, ainsi qu'un soldat grec en grande tenue. Un soldat français pose avec un pope; des travailleurs installent des rails.

Neuf photos montrant la vie quotidienne des habitants de la Grèce du Nord avec le rude travail des champs et une charrette tirée par des buffles. Des soldats français posent avec les habitants.

Neuf photos montrant des habitants de diverses communautés, et aussi des réfugiés se déplaçant avec des ânes, et résidant dans des tentes (un soldat français vient les voir), un berger avec un Français, et un soldat grec avec sa jupe typique.

Une planche de douze photos montrant des paysages de la Grèce du Nord et de l'Albanie (dont Smerdès et la fabrication d'un tapis), avec des véhicules français embourbés dans des rivières. 

Dix photos montrant des paysages arborés et des habitants de la Grèce du Nord, une table avec un repas préparé par les soldats, et aussi un camp de prisonniers de guerre, avec des baraques entourées de barbelés.

Dix photos avec des habitants travaillant dans les champs, transportant des marchandises sur des ânes, des troupeaux de buffles, et deux cérémonies militaires en bas de planche, avec des drapeaux alliés (dont un drapeau japonais et un drapeau américain).

Onze photos montrant le quotidien des habitants de la Grèce du Nord, avec des soldats français et alliés.


"Pope. Florina. Octobre 16." Un pope (le personnage sur la droite avec une coiffure noire) est un prêtre orthodoxe.


"Marché de Biklista. Novembre 16". Les ânes apportent des marchandises (voir une autre photo plus bas).


Une rue de Salonique.


"Femmes turques se rendant à la mosquée. Florina. Octobre 16". On remarquera le voile intégral qui cache toute la tête et le visage.


"Marché de Biklista. Novembre 16". Les marchandises arrivent, portées sur des ânes.


"Biklista. Femmes bulgares. Novembre 16"


"Intérieur de mosquée à Florina. Octobre 1916". Des musulmans en turban sont en train de prier devant le minbar (sorte de chaire) et la qibla (niche décorée indiquant la direction de la Mecque) de la mosquée.

Une femme musulmane en niqab.

Des carriers taillant un bloc de pierre.


"Smerdès. La frame. Novembre 16". Des femmes fabriquent un tapis.


"Minaret démoli à Pirenard"


"Vambéli. Séchage du maïs. Novembre 16."



"Berger macédonien", regardant avec curiosité un soldat français. Au fond à droite, on remarque les tentes du campement.


"Les buffles à l'abreuvoir par 40° à l'ombre."


Les clichés des monuments sont aussi nombreux, principalement à Salonique, la deuxième ville de la Grèce après Athènes. Le photographe a réalisé un véritable album touristique de la ville.

La Tour Blanche. : C’est un monument emblématique de Thessalonique, construit à l’époque ottomane au XVe siècle sur des bases byzantines plus anciennes. La tour servit de fortification puis de prison. Aujourd’hui, elle est le symbole de la ville et abrite un musée.

L’église Saint-Georges. Elle est aussi connue, sous le nom de Rotonde, cette église fut d’abord un monument romain construit au IVe siècle sous l’empereur Galère. Transformée ensuite en église chrétienne puis en mosquée à l’époque ottomane, elle conserve de remarquables mosaïques paléochrétiennes.

L’église Sainte - Sophie. C’est une grande église byzantine du VIIIe siècle inspirée de la Sainte - Sophie de Constantinople. Elle est célèbre pour sa coupole et ses mosaïques byzantines.

L’église des Saints - Apôtres (ou des Douze Apôtres). C’est une Église byzantine du XIVe siècle, représentative de la dernière période artistique byzantine. Elle possède de belles mosaïques et fresques.

L’église Saint Démétrius. C’est la plus importante église de Thessalonique, dédiée à Saint Démétrios de Thessalonique, patron de la ville. Cette grande basilique byzantine est célèbre pour ses mosaïques, sa crypte et son rôle majeur dans l’histoire religieuse des Balkans.

Elle fait partie des monuments paléochrétiens et byzantins de Thessalonique inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Salonique (22 et 25 février 1919, 25 janvier 1920): la Tour Blanche, l'église des Douze Apôtres, les fonts baptismaux de l'église Saint Démétrius, le cimetière de l'église Saint Georges, et sur la droite, une mosquée avec sa fontaine à ablutions et sa salle de prières.

Plusieurs vues de Salonique (21 janvier, et 20, 21 et 22 février 1919): le port avec la Tour Blanche et les bateaux, l'église Saint Démétrius durement touchée par les bombardements et ses fonts baptismaux, l'église Sainte Sophie, le cimetière de l'église Saint Georges avec des "monuments turcs", une femme juive faisant la cuisine dans un quartier bombardé de la ville, des cordonniers turcs dans leur échoppe, la terrasse du Cercle (des officiers ?). 

Plusieurs photos non légendées montrant la mosquée de Florina, et sans doute des quartiers bombardés de Salonique, plus des soldats français côtoyant des habitants.


En conclusion, nous savons que l’officier français resta sur place jusqu’en 1920, date de la dissolution officielle de l’Armée d’Orient. Il rentra chez lui, à Belfort. Ses photos furent ensuite vendues jusqu’à ce qu’elles tombent entre de bonnes mains.

Nous espérons que ce voyage dans les Balkans vous a plu !


Classe de 1ère ST2S 3:

AHMED HOUMADI Ladihyati

BAKEMBA MASSENGO Samuela

BLAISE Elise

BRETHOME Eline

BURTART JANTZEM Lola

CUTXAN Ambre

DIDIER Eléna

FLAVONI Ianis

GILLET Camille

GRANDCOLAS Fleur - Anne

GRANDJEAN Anaël

LAAOUINA Hafsa

OREL Faustyne

SAHRAOUI Mayssa

SAINTOT Maéna

SANA Sakinatou

SEGUENI -- Sabah - Anaïs

TOUSSEUL Amélie

VAUTRIN Gabrielle

Sous la direction de Jérôme JANCZUKIEWICZ, professeur d'histoire - géographie.