SOUVENIRS DE L'ARMEE D'ORIENT - LES 110 ANS.
5 OCTOBRE 1915 - 2025
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Insigne (broche) de l'association des Poilus d'Orient. Collection particulière. |
Il y a 110 ans, le 5 octobre 1915, le Corps Expéditionnaire d'Orient, qui avait combattu contre les Ottomans dans les Dardanelles, et dont le repli vers la Grèce se poursuivait, devenait l'Armée d'Orient.
Cette armée, hétéroclite, cosmopolite, disposant de moyens réduits par rapport au Front Occidental, se couvrit de gloire dans les Balkans, en affrontant les Bulgares et les Austro - Hongrois dans le nord de la Grèce, en Macédoine, en Serbie. Ces combats menèrent aux grands succès de septembre 1918 avec la rupture du Front des Balkans, la libération de Belgrade et à la capitulation de la Bulgarie qui dut signer un armistice le 29 septembre 1918, puis de l'Autriche - Hongrie le 3 novembre 1918, préludes à la signature de l'armistice de Rethondes par l'Allemagne le 11 novembre 1918.
Un officier français, anonyme, originaire de Belfort, a laissé près de 300 photos de ce Front d'Orient, prises surtout en 1916 dans les environs de Florina, et à Salonique, et montrant le quotidien de l'Armée d'Orient. Il dut rester sur place après 1918, puisque les dernières photos prises à Salonique, datent de janvier 1920.
Les élèves de la 1ère STSS 3 du lycée étudieront ces photos, souvent datées et annotées, afin de reconstituer les différents aspects du front des Balkans et de rendre hommage aux soldats, avec plusieurs thèmes montrés par les documents.
Des cartes d'époque, issues d'ouvrages sur le front d'Orient, permettront de localiser les endroits photographiés.
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| Carte du Front d'Orient. |
I
L'officier français en janvier 1918 à Belfort, et ses camarades du Front d'Orient.
Cet officier français sera difficile à identifier. A part une mention "Belfort, janvier 1918", aucune autre information n'est portée sur les photos. On le voit en tenue, avec des membres de sa famille, venant d'un milieu assez aisé. Dans les Balkans, la plupart des clichés ont été pris à Salonique et à Florina, montrant ses camarades dont certains sont nommés. Le photographe a aussi pris des photos des tirailleurs sénégalais, nombreux dans l'Armée d'Orient, de soldats grecs en revue, ou d'autres troupes alliées.
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| L'officier à Belfort en janvier 1918 et un membre de sa famille (sa mère ?) |
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| L'officier, avec un autre uniforme sur lequel apparait le n° 101, avec sa famille. |
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| Deux camarades de l'officier, Majoli et Mairey, à l'hôpital de Florina en Grèce, 15 octobre 1915. |
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| Un poste d'observation dans le nord de la Grèce. |
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| Tirailleurs sénégalais avec leurs mules. |
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| Un officier, avec son casque colonial (en dotation dans l'Armée d'Orient), devant sa tente. |
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| "Le départ de monsieur Mazurier, avril 1916". |
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| Une prise d'armes de soldats grecs et français à Salonique en 1916, pour rendre hommage à des morts (deux cercueils drapés du drapeau français à gauche). |
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| Un rassemblement patriotique, sans doute à Salonique, avec des drapeaux français et grecs. |
II
La puissance de l'armée française en Macédoine.
Plusieurs clichés montrent le matériel utilisé par l'armée française, notamment un canon Schneider de 155 mm, des stocks d'obus, des chariots et des caissons d'artillerie, et un intéressant train blindé. La guerre est aussi montrée avec les hôpitaux, un camp de prisonniers de guerre, un viaduc détruit.
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| Un train blindé avec sa tourelle mobile. |
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| Un stock d'obus à Salonique en 1916. |
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| Un canon Schneider de 155 mm. |
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Soldats grecs empilant les obus.
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| "Course à dos d'ânes sur le front macédonien". |
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| "Le viaduc d'Excissou (sic) détruit par les Bulgares. 20 septembre 1916". |
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| Arrivée d'un grand navire de guerre à Salonique. |
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| Un camp de prisonniers de guerre à Salonique. |
III
Un milieu difficile par le climat et le relief.
Les troupes françaises se trouvaient dans le nord de la Grèce, le long de la frontière bulgare et albanaise, dans un milieu aride, sans arbre pour avoir de l'ombre, y compris à Salonique, où les troupes furent cantonnées en dehors de la ville. Devant s'abriter dans des tentes, les soldats français y souffrirent de la chaleur l'été et du froid l'hiver, sans compter la malaria. Par contre, les conditions sont plus confortables dans les villes, où les Poilus d'Orient trouvent des commerces et des commodités.
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| "Les fortifications de Salonique". |
Les Macédoniens : un objet de curiosité pour les Français.
L'officier de Belfort a pris de nombreuses photos des habitants du nord de la Grèce, très divers, avec des Grecs, des Turcs, des Macédoniens et des Juifs (alors très nombreux). Cela dénote un intérêt pour la population vue comme exotique, avec un goût pour les tenues curieuses ou pittoresques. De même, les lieux de culte, églises orthodoxes et mosquées, principalement à Salonique, sont abondamment photographiés.
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| "Femme juive de Salonique". |
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| Une musulmane de Salonique avec un niqab. |
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| Un berger macédonien avec un soldat français en 1916. |
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| Des réfugiés macédoniens près d'une brasserie à Florina. |
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| Un porteur de lait à Salonique en 1916. |
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| Une mosquée de Florina, avec la salle de prières. |
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| "Femmes turques se rendant à la mosquée. Florina, octobre 1916" |
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| "Pope. Florina. Octobre 1916". Un pope est un prêtre orthodoxe. |
Au cours de l'année, les photographies de chaque thème seront publiées progressivement avec une carte permettant de repérer les lieux identifiés.
Soyez prêts pour ce voyage dans les Balkans en 1916 !
Jérôme JANCZUKIEWICZ
Professeur d'histoire - géographie.
Classe de 1ère ST2S 3.